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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

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Le numéro du mois

n° 344 - novembre 2018
Editorial
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Editorial

Ça vaut vraiment le coup !

« Maman, ils font quoi les gens avec des photos d'animaux morts devant le Salon de l'Agriculture? ». Une manifestation de militants anti-spécistes interpelle mon fils et, après une brèves explication très objective ( si, si, je vous assure) de leur présence, sa réponse est instantanée : « Ben, on va se nourrir comment? En suçant des cailloux? ». Et là, le sourire entre les lèvres, je me dit que c'est LA réponse.
Pour lui, le bien-être végétal est aussi important que le bien-être animal, donc si on ne veut pas choisir, la solution des cailloux est pas mal, mais pas sûr qu'elle soit pour le bien-être de l'espèce humaine. D'accord, c'est un raccourci caricatural, mais toutes ces accusations qui nous sont envoyées aujourd'hui ne le sont-elles pas?
La relation qui existe entre les paysannes, les paysans et leurs troupeaux est réelle et certainement différente dans toutes les fermes. C'est l'industrialisation de l'agriculture qui enlève toute relation possible.
Mais la mort dans tout çà, où la place-t-on?
La mort de l'animal est une étape de l'élevage, plaisante pour personne, et personne ne le nie. C'est une étape essentielle et dans un contexte d'agriculture paysanne, avec des abattoirs de proximité, voire mobiles comme nous le permettra prochainement la loi, cette étape répond au bien-être animal!
Je suis persuadée que toute paysanne, tout paysan, parle à ses vaches, chèvres, cochons (j'en oublie), comme elle ou il parle à ses blés, cultures, salades, et ces conversations doivent être remplies d'émotions et de poésie ou de râleries, bien sûr.
En attendant, nos bêtes, elles ont faim, et malgré toute cette prose, cela n'a pas suffi à avoir le dessus sur la sécheresse ; nos belles prairies n'ont pas empêcher de taper dans les stocks d'hiver. Il va donc falloir trouver des solutions car cette année, cette sécheresse et ce manque de fourrage sont présents sur l'ensemble du territoire. Bel exercice de rentrée pour Didier Guillaume, nouveau ministre de l'Agriculture.
Nos fermes ont besoin d'actes concrets et les sujets ne manquent pas : sécheresse, revenu, Pac, inversion de la courbe de disparition des paysan·nes, en bossant réellement sur l'installation et la transmission et non pas en sabotant la formation paysanne.
Ce ministre va -t-il passer aux actes?
Affaire à suivre, tout en suivant cette belle dynamique qui monte réellement sur tout le territoire, de l'Hexagone mais pas que, qui s'organise, se dynamise et qui dénonce un modèle agricole obsolète en proposant un avenir paysan.
Suivons ensemble cette dynamique et amplifions-la, jusqu'aux élections professionnelles de janvier et au-delà, persuadés que ça vaut vraiment le coup !

Temanuata Girard,
paysanne en Indre-et-Loire,
secrétaire générale de la Confédération paysanne

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