Bourgogne-Franche-Comté

ICHN

06.04.2018

Les dernières annonces du ministère de l'agriculture confirment que les côtes et arrières côtes viticoles de Côte d'Or et de Saône et Loire ne sont toujours pas réintégrées dans le nouveau zonage ICHN*. Cette perspective laisse entrevoir un avenir très difficile aux éleveurs qui pratiquent le pâturage et même le pastoralisme sur ces zones réellement contraintes par les conditions biophysiques : altitude, sols pauvres, coteaux. La présence d'une viticulture remarquable explique cette exclusion malgré la reconnaissance initiale des contraintes biophysiques, le territoire ayant ainsi « surmonté son handicap » par la production d'une très forte valeur ajoutée. Et tant pis pour les laborieux éleveurs qui n'auront qu'à se convertir en vignerons et produire de grands crus ou disparaître.

Pourtant, toute la profession et les institutions locales soutenaient unanimement la nécessité de réintégrer ce territoire parmi le plus contraint de la région. Visiblement, la Confédération Paysanne n'a pas été entendue « en haut » malgré plusieurs réunions de travail en région et le soutien de nos élus locaux.

En ce moment le ministère amorce des concertations qui doivent mener à des mesures d'accompagnement des sortants. La Confédération Paysanne 21 s'oppose fermement à ce constat et souhaite que les côtes et arrières côtes viticoles soient simplement réintégrées. Pourquoi imaginer encore et toujours de nouveaux outils de financements qui s'ajouteront à l'usine à gaz administrative alors qu'il suffirait simplement d'exclure le critère de la PBS viticole pour les communes ayant des surfaces en vigne inférieures à 30 % de la SAU* ? Les MAEC qui ont déjà du mal à se financer n'ont pas vocation à remplacer une aide « basique » telle l'ICHN*. Enfin la Confédération Paysanne 21 ne veut pas non plus que des aides à l'investissement qui ne bénéficieront qu'à certains, et qui rentrent dans une conception économique qu'elle dénonce, s'y substituent.

L'utilité de l'élevage herbager et pastoral est reconnue sur ces territoires agronomiquement pauvres mais riches d'un patrimoine naturel qui en dépend en partie, à l'image de la mise en place de Natura 2000. L'ICHN* permet à beaucoup d'élevages de rester rentables voire même réalistes et viables malgré les contraintes qui impactent nos systèmes (plus courte période de pâturage, faibles rendements). Les paysans ne peuvent pas travailler à court terme au gré des décisions ministérielles qui remettent en cause des acquis, comme aussi l'aide au maintien à l'agriculture biologique. Une véritable reconnaissance de l' existence de ces activités et ne plus considérer les paysans comme de simples variables d'ajustement dans de froides équations technico-administratives d'économies budgétaires et de courte vue. Sinon à la fin, les paysans finiront par disparaître au profit d'une agriculture industrielle et de campagnes mortes.